Volume 10, No. 1 & 2 Abstracts
SPECIAL ISSUE
GLOBALIZATION AND THE RE-CONSTITUTION OF SECURITY: EUROPEAN AND NORTH AMERICAN PERSPECTIVES
Issue Editors/Éditeurs pour ce número : Janine Brodie and Joanne Wright
With papers by/articles par:
Joanne Wright, Fred Judson, Sean F. McMahon,
John Edwards, Trevor C.W. Farrow, Jonathan Seglow,
Yasmeen Abu-Laban, Malinda Smith, Alister Miskimmon
and Joanne Wright, and/et W. Andy Knight
Reconceptualizing Security- A European Perspective
Joanne Wright
This article provides a brief outline of historical conceptions of security around the world as well as international and national reaction to the current global threat of terrorism. The author investigates different methods and mechanisms established to respond to the threat of terrorism after 9/11. Particular emphasis is placed on the actions of the United States and its unilateralist approach to the war on terrorism. The author compares U.S. and European security measures and outlines the linkage and distinctions between individual and state security and state and international security.
Cet article donne un bref aperçu des conceptions historiques de la sécurité dans le monde et des réactions internationales et nationales aux menaces actuelles de terrorisme mondial. L’auteur examine diverses méthodes et mécanismes établis pour réagir à la menace de terrorisme après le 11 septembre. Une attention spéciale est accordée aux États-Unis et à leur démarche unilatéraliste envers la guerre contre le terrorisme. L’auteur compare les mesures de sécurité des États-Unis à celles de l’Europe et énonce le couplage et les distinctions existant entre la sécurité des personnes et de l’État et entre la sécurité de l’État et la sécurité internationale.
Components of the Emergent Global Security Regime
Fred Judson
This article argues that there is an emerging "global security regime" in the post-September 11 world. This new global security regime, which resulted from a reconsideration of the international security regime and changes in global security following the Cold War, conveys the idea that there is an emergent planetary governance system providing the public good of security. The author brings forth an analytical discussion by examining four clusters of components in this new regime: the conjunctural, the immanent, the structural, and the emergent. This involves a discussion of the United States’ security actions since September 11, a theoretical examination of security needs and of various structural changes such as the polarity of superpowers, regional block formation, and a globalizing economy. The article ends with a discussion of the emergent components of the global security regime. It argues that these components are shaped by globalization and the United States’ hegemony. The author then concludes with a brief discussion of the U.S. and whether this hegemony is capable of meeting the needs of the global security regime.
Cet article soutient qu’un « régime de sécurité mondiale » a émergé dans le monde après le 11 septembre. Ce nouveau régime de sécurité mondiale, né d’un réexamen du régime de sécurité internationale et des changements ayant eu lieu au chapitre de la sécurité mondiale après la Guerre froide, donne l’impression d’un système de gouvernance planétaire émergeant assurant la sécurité en tant que bien public. L’auteur avance une discussion analytique en examinant quatre groupes d’éléments dans ce nouveau régime, à savoir les groupes conjoncturel, immanent, structural et émergent. Ceci exige une discussion sur les mesures de sécurité prises par les États-Unis depuis le 11 septembre, un examen théorique des besoins en sécurité des divers changements structuraux comme la polarité des superpuissances, la formation de blocs régionaux et la mondialisation de l’économie. L’article se termine sur une discussion des éléments émergents du régime de sécurité mondiale et l’argument que ces éléments sont façonnés par la mondialisation et l’hégémonie des États-Unis. L’auteur conclut ensuite par une brève discussion sur les États-Unis et si cette hégémonie peut répondre aux besoins du régime de sécurité mondiale.
We Are All Potential Terrorists Now: The Reconstitutive Effects of the Anti-terrorism Act and the USA PATRIOT Act
Sean F. McMahon
Since the September 11 attacks, Canada and the United States have implemented anti-terrorism legislation that has been widely criticized for targeting members of groups associated with specific ethnic, religious and immigrant communities. Much of this discussion has centred on the balancing of individual rights and collective security. This article argues that the impact of these legislative measures reaches beyond the tensions between these competing interests. By examining the political implications from the Foucauldian concept of panopticonism, the author argues that expanded surveillance mechanisms reinvent all citizens as potential terrorists. As in the panopticon, where inmates are exposed to penetrating surveillance and punishment for transgressions, citizens in a post-9/11 world are expected to self-discipline with ominous consequences.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le Canada et les États-Unis ont adopté une législation antiterroriste qui a été largement critiquée parce qu’elle cible les membres de groupes associés à des communautés ethniques, religieuses et immigrantes précises. La plus grande partie de la discussion a porté sur l’équilibre entre les intérêts des droits individuels et ceux de la sécurité collective. Cet article fait valoir que les effets de ces mesures s’étendent au-delà des tensions régnant entre les intérêts opposés. En examinant les implications politiques du concept panoptique de Foucault, l’auteur prétend que les mécanismes de surveillance accrue réinventent les citoyens en tant que terroristes potentiels. Tout comme les détenus d’une prison panoptique sont exposés à une surveillance pénétrante et des mesures disciplinaires pour les transgressions, on s’attend à ce que les citoyens de l’après 11 septembre fassent preuve d’autodiscipline avec conséquences graves. Une fois reconstitués en tant que terroristes potentiels, les Canadiens et les Américains doivent apprécier le maintien du statu quo en ce qui concerne l’expression de préoccupations de justice pour d’éviter d’intensifier la surveillance d’État.
Security, Asylum, and Rights. Are All Rights Equal?
John Edwards
This article discusses the effect of globalization and increased security measures on human rights, arguing that the traditional approach to rights, as embodied in documents such as the Universal Declaration of Human Rights, is no longer adequate and requires a re-conception of the standing of rights, their moral content, their authority, in-divisibility and tradability. The author proposes a priority-based approach to human rights that recognizes rights as not equally indivisible, non-derogable and inalienable. Prioritizing rights allows for high-priority rights to be fulfilled and protected while lower priority rights may remain unfulfilled in situations where security concerns make it impossible to fulfill all rights equally. The case for prioritization rests on the idea that some rights, especially those essential to people’s existence as morally autonomous agents, are more essential than other rights. The author illustrates his argument by analysing asylum practices in Great Britain and the rights of asylum seekers in that context, and discussing the constraints on rights created by new security measures worldwide.
Cet article porte sur les effets de la mondialisation et des mesures accrues de sécurité en termes de droits de la personne, et fait valoir que la démarche traditionnelle à l’égard des droits, tels qu’ils sont exprimés dans des documents comme la Déclaration sur les droits de l’homme, ne convient plus à la réalité d’aujourd’hui, et que le respect des droits, de leur contenu moral, autorité, indivisibilité et commercialisation mérite une refonte. L’auteur suggère une démarche par priorité à l’égard des droits de l’homme reconnaissant que les droits ne sont pas tous égaux, ni indivisibles, qu’ils peuvent porter atteinte et aliéner. En identifiant les priorités, il est possible d’assurer le respect des droits à grande priorité. Les droits à priorité inférieure peuvent alors être écartés lorsqu’il est impossible, pour des raisons de sécurité, de protéger tous les droits de manière égale. Cette hiérarchisation des priorités repose sur l’idée que certains droits, surtout ceux qui sont essentiels à l’existence de personnes en tant qu’agents moralement autonomes, sont plus essentiels que d’autres. L’auteur illustre cet argument en analysant les pratiques en matière d’asile en Grande-Bretagne et les droits des demandeurs d’asile dans ce contexte ainsi qu’en discutant des contraintes sur les droits créés en raison des nouvelles mesures de sécurité mondiales.
Security and Rights
Trevor C.W. Farrow
This article explores various approaches to the re-constitution of human rights following 11 September 2001. In contrast to the approaches advocated by Sean McMahon and John Edwards, the author proposes a re-commitment to the core values embodied in the rights enshrined in documents such as the Universal Declaration of Human Rights. The article proposes that re-constituting human rights, either by a process of consequentialist trade-offs or choice-based prioritization, opens the door to naturalizing infringements of rights in the name of fear or security. Both detract from the goals set out in human rights declarations. Even in a security-conscious environment, discussions of rights must recognize and take into account the established and fundamental commitments to universal human rights and freedoms.
Cet article explore les diverses approches de la reconstitution des droits de l’homme suite aux attentats du 11 septembre 2001. Contrairement aux approches préconisées par Sean McMahon et John Edwards, l’auteur propose un nouvel engagement envers les valeurs essentielles incluses dans les droits garantis dans des documents telle que la Déclaration sur les droits de l’homme. L’article suggère que la reconstitution des droits de l’homme, soit au moyen d’un processus de compromis conséquentialistes ou d’une hiérarchisation fondée sur le choix, ouvrirait la voie à une violation naturalisée des droits au nom de la crainte ou de la sécurité. Les deux processus font oublier les objectifs énoncés dans les déclarations sur les droits de l’homme. Même dans un milieu sensible à la sécurité, les discussions sur les droits doivent tenir compte des engagements établis et fondamentaux des droits et libertés universels de la personne.
Immigration, Sovereignty, and Open Borders: Fortress Europe and Beyond
Jonathan Seglow
This article examines the conflict between the notions of "open borders" and "sovereignty" inherent in immigration policy, as illustrated in the case of the EU. Arguing that immigration policies tend to reflect a state’s deepest self-conception, the author contends that immigration into the EU ought to be generous and inclusive in order to reflect the existence of the EU as an ongoing political process rather than as an ethno-cultural unit or an economic association. To this end, the author proposes a constructivist approach that calls for a plurality of political competencies throughout the EU and greatly increased opportunities for political participation by European citizens. Participation, it is argued, promotes a sense of ownership of a Union that transcends national identities. The article further advances a case for common immigration policy, whereby the EU takes in much greater numbers of migrants, ensures an equitable distribution of migrants between different member states and offers a fairly swift acquisition of citizenship for new migrants.
Cet article examine le conflit entre les notions de « frontières ouvertes » et de « souveraineté » inhérentes à la politique sur l’immigration, telle qu’elle existe dans l’UE. Faisant valoir que les politiques sur l’immigration sont le miroir du concept de soi le plus fort, l’auteur soutient que l’immigration dans l’UE devrait être généreuse et inclusive afin de refléter l’existence de l’UE plutôt en tant que processus politique continu que d’unité ethnoculturelle ou association économique. À cette fin, l’auteur suggère une démarche constructiviste nécessitant une pluralité des compétences politiques dans l’UE et une participation politique beaucoup plus importante de la part des citoyens européens. Il est dit que la participation encourage un sentiment d’appartenance à l’Union dépassant les identités nationales. L’article fait ensuite valoir la cause d’une politique d’immigration commune, en vertu de laquelle l’UE accepterait un nombre beaucoup plus élevé de migrants, assurant leur distribution équitable entre les divers États membres et offrant la citoyenneté aux nouveaux migrants dans des délais raisonnablement courts.
Regionalism, Migration, and Fortress (North) America
Yasmeen Abu-Laban
The article takes the 2004 Summit of the Americas as the starting point to examine the ongoing issues regarding migration, security and mobility rights within a North American context. It argues that since 11 September 2001, a distinctive racist internationalism has amplified the exclusionary logic of North American regionalism with respect to the mobility of people. The article considers the relevance of migration to illuminating the interplay between security, international politics and domestic politics. Domestic security measures instituted in the wake of September 11 and the revived debate regarding national borders at the North American regional level have had a significant impact on rights of mobility, particularly movement across borders, and underscore the limitations of citizenship in the face of the racialized security threat of terrorism. Rather than ceasing to be relevant, national borders are assuming a new importance in the early twenty-first century in the context of revitalized discourses that posit immutable differences between peoples of the West and of the East.
Commencement avec le Sommet des Amériques de 2004, cet article examine les questions courantes sur les droits de migration, de sécurité et de mobilité dans le contexte nord-américain. L’auteur fait valoir que depuis le 11 septembre 2001, un internationalisme raciste particulier a amplifié la logique limitative du régionalisme nord-américain en ce qui concerne la mobilité des personnes. L’auteur étudie la pertinence de la migration pour illuminer l’action réciproque de la sécurité, de politiques internationales et nationales. Les mesures de sécurité nationales mises en place à la suite des attentats du 11 septembre et l’intensification du débat sur les frontières nationales au niveau régional en Amérique du Nord ont eu de sérieuses incidences sur les droits de mobilité, surtout sur les mouvements à la frontière, et met en évidence les limitations des citoyens face à la menace de terrorisme racialisée pour la sécurité. Au lieu de perdre leur pertinence, les frontières prennent une nouvelle importance au début du XIXe siècle dans le contexte de discours revitalisés posant comme postulat les différences inaltérables entre les populations de l’Occident et de l’Orient.
The Constitution of Africa as a Security Threat
Malinda S. Smith
In the post-September 11 world, Africa is often characterized as a global security threat; a continent that is unsafe, dangerous, and emblematic of environmental, biological, and terrorist threats to the rest of the world. This article explores and discusses the reasoning behind this western view of Africa and how it is overdetermined by various discourses. The author argues that the western view of Africa produces a tainted view of the continent and fails to be representative of historical and political economy explanations for Africa’s current state of affairs. This argument is developed through a discussion of the portrayal of Africa as a security threat in mass media, through environmental and biological, including neo-Malthusian, analyses, and lastly, in commentaries on the "new wars" and the "war on terrorism."
Depuis le 11 septembre, l’Afrique est souvent caractérisée comme présentant une menace pour la sécurité mondiale, et comme un continent qui n’est pas sûr, mais dangereux et emblématique de menaces environnementales, biologiques et terroristes pour le reste du monde. Cet article explore le raisonnement derrière cette opinion occidentale de l’Afrique et discute de quelle manière divers discours la surdétermine. L’auteur fait valoir que l’opinion occidentale de l’Afrique donne une image contaminée du continent et n’est pas représentative des explications historiques et politico-économiques de la situation actuelle en Afrique. Cet argument est développé dans une discussion sur la représentation de l’Afrique en tant que menace pour la sécurité dans les communications de masse, dans des analyses environne-mentales et biologiques, incluant des analyses néomaltusiennes, et enfin dans les commentaires sur les « nouvelles guerres » et la « guerre contre le terrorisme ».
The Changing Constitution of Security in Europe
Alister Miskimmon and Joanne Wright
This article discusses the post-September 11 relationship between Europe and the United States in terms of transatlantic security. The authors argue that the response to intense pressure following the Cold War was to recalibrate rather than fundamentally change this relationship. However, it is argued that this recalibra-tion has failed to resolve all the tensions of the relationship and have been exacerbated by policy differences on issues such as terrorism and military action in Iraq. This is shown by focussing on three historical phases in the relationship: 1) the period following World War II and during the Cold War in which the U.S. and Western Europe largely agreed on the nature and origins of security threats; 2) the period following the fall of the Berlin Wall, in which NATO expanded, the European Union was created, and there was pressure resulting from the Balkan conflicts, which saw an increased political and military role on the part of Europe; and, 3) the period of increased differences and unresolved pressures from NATO’s involvement in Kosovo, the September 11 attacks, and most recently, military action in Iraq, which have exacerbated the differences between Europe and the U.S regarding the interests, assumptions, policies, and practices of transatlantic security. The authors argue that this last phase in particular has led to a need to recast and reshape transatlantic security.
Cet article porte sur la relation qui existe entre l’Europe et les États-Unis depuis le 11 septembre en ce qui concerne la sécurité transatlantique. Les auteurs estiment que la réponse aux pressions intenses suite à la Guerre froide a été d’introduire une nouvelle orientation dans la relation au lieu de la changer fondamentalement. Cependant, on fait remarquer que cette nouvelle orientation n’a pas réglé les tensions qui existaient dans la relation et aggravées par les différences en politiques sur des questions tels que le terrorisme et l’action militaire en Irak. Les auteurs le démontrent au moyen de trois étapes historiques dans la relation : 1) la période qui a suivi la Seconde guerre mondiale et la Guerre froide alors que les États-Unis et l’Europe occidentale s’entendaient essentiellement sur la nature et les origines des menaces pour la sécurité; 2) la période qui a suivi la chute du mur de Berlin qui a vu l’expansion de l’OTAN et la création de l’Union européenne ainsi que les pressions résultant de conflits dans les Balkans, ce qui a donné lieu à un plus grand rôle politique et militaire pour l’Europe; et 3) la période de plus grandes différences et de pressions non réglées découlant du rôle de l’OTAN au Kosovo, des attaques du 11 septembre et des dernières actions militaires en Irak qui ont aggravé les différences entre l’Europe et les États-Unis quant aux intérêts, aux hypothèses, aux politiques et aux pratiques en matière de sécurité transatlantique. Les auteurs prétendent que c’est surtout cette dernière étape qui a déclenché le besoin de réexamen et de refonte de la sécurité transatlantique.
The US, the UN, and the Global Rule of Law
W. Andy Knight
The author analyzes the emerging global rule of law that has developed since World War II, arising from principles of just war theory, human rights covenants and international laws and practices respecting global criminality, and the willingness of the United States to disregard these principles when its national interests are at stake. It is argued that this attitude on the part of the U.S., arguably the world’s greatest power, undermines efforts being made to consolidate and entrench a global rule of law. In the article, the author examines the evolution of the concept of the rule of law, including the Westphalian and liberal legalist models, elements and sources of the emerging global rule of law, the impact of the 11 September 2001 terrorist attacks, and the U.S. counter-terrorist response on the existing global rule of law. The author concludes by saying measures necessary to implement a counter-terrorist strategy that would benefit the global rule of law.
L’auteur analyse la primauté mondiale émergente du droit depuis la Seconde guerre mondiale, découlant des principes de la théorie de la guerre juste, des pactes relatifs aux droits civils et politiques et aux lois et pratiques internationales concernant la criminalité mondiale et la volonté des États-Unis de ne pas tenir compte de ces principes lorsque leurs intérêts sont en jeu. On prétend que cette attitude de la part des États-Unis, sans doute la plus grande puissance au monde, mine l’effort fait pour consolider et reconnaître la primauté mondiale du droit. Dans l’article, l’auteur examine l’évolution du concept de la primauté du droit, incluant les modèles des légalistes westphaliens et libéraux, les éléments et les sources de la primauté mondiale émergente du droit, l’impact des attaques terroristes du 11 septembre 2001, la réaction antiterroriste des États-Unis en termes de primauté mondiale existante du droit. L’article conclut par considerer ainsi que les mesures nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie antiterroriste aidant la primauté mondiale du droit.